En-tête

Pour et par les jeunes

Texte

Pierre Wuthrich

Paru

01.10.2021

Stéphanie Baur-Keiser, directrice du festival de littérature jeunesse

La première édition du festival «Les mots-clés à molette», consacré aux livres jeunesse, aura lieu début octobre à Rue (FR). La directrice s’est entourée d’un comité composé d’enfants, qui ont activement préparé «leur» manifestation.

La lecture est un passe-temps inoffensif qui – en temps normal – détend et permet de s’évader. Mais plonger dans un livre peut avoir des conséquences tout autres et changer la vie de celui ou celle qui tient l’ouvrage en main. C’est ce qui est arrivé à Stéphanie Baur Kaeser. «J’ai rencontré la littérature jeunesse il y a une vingtaine d’années. Un univers des possibles s’est alors ouvert à moi», se souvient l’enseignante spécialisée qui travaille auprès d’enfants en situation de handicap mental à Romont (FR). La qualité des textes et des images, la justesse avec laquelle les auteurs arrivent à toucher le cœur et l’intelligence des enfants: tout cela est extraordinaire. Ce fut une révélation.»

La Fribourgeoise n’a donc pas réfléchi longtemps avant d’utiliser de nombreux recueils jeunesse dans ses classes, surtout que l’effet bénéfique s’est rapidement fait sentir. «Même des enfants en grande souffrance se sont ouverts grâce à ces ouvrages», a pu remarquer Stéphanie Baur Kaeser, au point que cette mère de famille a décidé de devenir une médiatrice du livre en plus de sa principale activité. «Il s’agit d’ateliers où l’on parle d’un ouvrage grâce à des jeux que je développe ou des décors que je crée. Le but n’est pas de demander directement à un enfant ce qu’il pense d’un texte, mais de le faire parler via un environnement que je développe.»

Se prenant au jeu, Stéphanie Baur Kaeser a noué de nombreux contacts avec des auteurs, qu’elle invite dans les écoles qu’elle visite, et fréquenté de nombreux festivals de livres jeunesse à l’étranger. Au fil des ans a alors germé l’idée de créer sa propre manifestation. 

Stéphanie Baur-Keiser, directrice du festival de littérature jeunesse

Stéphanie Baur-Keiser, directrice du festival de littérature jeunesse «Les mots-clés à molette». Rue (FR), septembre 2021 (Photo: Christophe Chammartin)

Avec le soutien du Pour-cent culturel Migros

La Fribourgeoise ose finalement se lancer à l’automne 2019 dans ce projet un peu fou et ne compte désormais plus ses heures pour que son festival gratuit baptisé «Les mots-clés à molette» et soutenu notamment par le Pour-cent culturel Migros puisse se dérouler du 8 au 10 octobre prochain dans différents sites de la charmante ville de Rue (FR). «Il y aura bien sûr des séances de dédicace, qui sont incontournables, mais je voulais surtout une programmation qui sorte de l’ordinaire. Ainsi, les auteurs devront animer des ateliers d’écriture et d’illustration avec leur public afin de créer des rencontres plus enrichissantes.»

L’autre grande spécificité de la manifestation réside dans la création d’un conseil des enfants. Fort d’une quinzaine de membres âgés de 8 à 16 ans et habitant à Rue ou dans les environs, ce comité joue un rôle actif dans les préparations du festival. «C’était cool. On a peint des décors et fait des pliages en papier qui seront collés sur des lampes», explique Zoé, 9 ans et demi. La joyeuse bande, entre l’école et les entraînements de foot, a aussi pris le temps de penser aux objets qui seront mis en vente dans la boutique, comme des tasses ou de jolis sacs en tissu, et développé des idées, tel un jeu de piste, pour relier les différents lieux du festival. Tous ensemble, ils ont encore participé à l’élaboration de l’affiche. 

La fierté du travail accompli

«Comme nous ne pouvions pas nous rencontrer physiquement du fait du Covid, chacun m’a transmis par écrit un élément, par exemple une poule avec des livres, qu’il aimerait y voir figurer. Ensuite, Adrienne Barman a fait trois maquettes et je les ai montrées en faisant du porte-à-porte auprès de chacun des mem­bres du conseil. Au final, aucun n’a voté pour la version que je préférais! J’ai cependant suivi leur avis, car il ne s’agit pas du tout d’un comité alibi», fait remarquer Stéphanie Baur Kaeser.

Jérémie, 16 ans, tout comme ses collègues, est fier du travail accompli. «Nous avons fait beaucoup de petites choses et maintenant tout est en train de se mettre en place. Ça fait plaisir à voir», reconnaît l’adolescent.

Il n’est toutefois pas encore l’heure de se reposer. Car les jeunes vont encore jouer les ambassadeurs du festival dans leur classe et leur école. Et durant la manifestation, ils seront tous affectés à différentes tâches. «Je ferai des annonces au micro pour dire aux gens ce qu’ils peuvent faire», se réjouit Noélie, 12 ans. Baya-Rose, 12 ans, ainsi que d’autres membres du conseil liront, eux, des ouvrages aux enfants. Quant à Léonie, Liam, Alexia, Amélie ainsi que les autres jeunes qui n’ont pas pu venir participer à la séance photo, ils sont prêts à donner un coup de main là où cela sera nécessaire. Pour que le succès soit total. 

Fabien, 8 ans, le cadet du conseil, pense, lui, déjà aux lendemains: «J’espère qu’avec l’argent récolté, on pourra aller manger une pizza…en Italie.» 

Programme: lesmotsclesamolette.ch 

Photo/scène: Christophe Chammartin

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