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Frissons garantis

Texte

Michael West

Paru

25.10.2021

Szene aus der Serie «Squid Game»

Quels sont les ingrédients d’un bon film d’horreur? Nadine Adler Spiegel, du Pour-cent culturel Migros, nous révèle ce qui rend les monstres si effrayants et pourquoi la série «Squid Game» suscite un tel engouement en ce moment.

L’avenir de la Suisse s’annonce funèbre: un riche fabriquant de fromage y a pris le pouvoir. Seule une jeune femme des montagnes résiste encore au tyran. De violents combats font rage, du sang gicle abondamment et les têtes tombent les unes après les autres.

Le réalisateur Johannes Hartmann tourne actuellement cette histoire fantasque, intitulée Mad Heidi, dans la région de Berne. Cette œuvre sera un féroce mélange de burlesque, de folklore et de déchaînements de violence. Il s’agit d’un rare exemple de film d’horreur «made in Switzerland». 

Normalement, les cinéastes de ce pays racontent 
de tout autres histoires. Par exemple, ils mettent en scène des comédies familiales ou tournent des films d’art et essai plutôt sérieux. Les lieux susceptibles d’inspirer l’horreur ne manquent pourtant pas en Suisse: des vallées isolées, de lugubres châteaux en ruine, des bunkers abandonnés... Sans parler des crevasses de nos glaciers, d’où peuvent surgir soudainement des mains prises dans la glace.

De plus, les films d’horreur peuvent être tournés sans grosse tête d’affiche ni budget conséquent. «On ne sait donc pas trop pourquoi si peu de gens s’essaient à ce genre cinématographique en Suisse», indique la spécialiste du cinéma Nadine Adler Spiegel du Pour-cent culturel Migros. «Peut-être que cela vient du passé des écoles de cinéma. Jusque dans les années 80, les films d’horreur n’y étaient pas très appréciés dans le pays, car de telles œuvres étaient considérées comme apolitiques et peu ambitieuses. Cela a probablement contribué au fait qu’aucune tradition de genre n’a pu être établie en Suisse.»

Nadine Adler Spiegel dirige le Story Lab du Pour-cent culturel, qui aide les réalisateurs à développer des projets. «Les choses changent. Nous recevons maintenant de nombreuses idées qui vont aussi dans le sens du cinéma de genre», affirme-t-elle. «Les jeunes réalisateurs s’intéressent par exemple beaucoup aux films de science-fiction, et c’est une tendance qui s’est encore intensifiée depuis le début de la pandémie. Il se pourrait bien que le film d’épouvante tire également profit de cette tendance à l’avenir.»

La recette d’un bon film d’horreur

Un film d’horreur reprend souvent des thèmes déjà abordés dans de précédents films. «Les fans apprécient ces éléments connus», explique Nadine Adler Spiegel. «Ils se sentent en terrain familier et entrent ainsi immédiatement dans le film. Ils en profitent encore plus.» Les cinq ingrédients suivants ont fait leurs preuves depuis longtemps.

1. Un monstre indestructible:

Le film tire sur sa fin, l’horrible monstre gît apparemment sans vie sur le sol, quand il se réveille soudain. Le choc provoqué fonctionne toujours aussi bien et ouvre en même temps sur une suite éventuelle. Le meilleur exemple est celui du tueur en série masqué Michael Myers, que l’on peut voir actuellement sur grand écran dans le nouveau film Halloween Kills. Ce tueur a déjà sévi dans une douzaine de films.

Killer Michael Myers vor brennendem Haus

Même le feu ne parvient pas à venir à bout de Michael Myers. (Image: © 2020 Universal Studios. All Rights Reserved)

2. Une technologie qui devient autonome:

Dans Christine (1983), un classique du genre, c’était encore une voiture maudite qui roulait de nuit à travers la ville sans conducteur pour écraser des gens. Aujourd’hui, ce sont les ordinateurs qui se retournent contre leurs utilisateurs, et les réseaux sociaux qui les plongent dans l’horreur. Dans Friend Request (2016), par exemple, une jeune femme accepte une demande d’ami sur Facebook avant de se rendre compte qu’elle a affaire à une sorcière.

Das Auto im Film «Christine»

La voiture Christine sort tout droit de l’enfer. (Image: inconnu)

3. Les vieilles choses sont effrayantes:

Maisons délabrées, vieilles poupées ou albums photos jaunis par le temps sont souvent maudits dans les films d’horreur. Ils paraissent étranges, hors du temps et nous rappellent en quelque sorte la fragilité de notre propre existence.

4. Les clowns sont toujours bons à prendre:

Depuis la sortie du best-seller Ça (1986) de Stephen King, les clowns au visage maquillé de blanc sont des personnages d’horreur toujours très efficaces. Lorsqu’ils passent tout à coup du rire à la violence, l’effet est toujours aussi saisissant.

Horror-Clown mit Luftballon in der Hand

Les clowns nous font rire, mais pas toujours. (Image: Getty Images)

5. Les peurs d’actualité, le meilleur ingrédient:

Les films d’épouvante sont souvent le reflet de leur époque. Ils capturent quelque chose qui est redouté dans notre société. C’est très bien dépeint dans la série à succès de Netflix Squid Game, où des gens dans le besoin se voient contraints de jouer à des jeux sanglants sur une île déserte. À la fin, il ne reste qu’un seul survivant qui pourra rembourser ses dettes avec l’argent ainsi gagné. La concurrence accrue sur le marché du travail, qui est le lot de nombreuses personnes aujourd’hui, devient ici un vrai cauchemar.

Photo/scène: ©Netflix/Courtesy Everett Collection

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Avec les projets de l’Engagement Migros