En-tête

Au chemin de fer du Monte Generoso, c’est le chef en personne qui conduit!

Texte

Marlies Seifert

Paru

21.06.2022

Lorenz Brügger aux commandes du chemin de fer du Monte Generoso.

Le directeur, Lorenz Brügger, est aux manettes du train à crémaillère, et pas seulement au sens figuré. En effet, il est en train de passer son examen de conducteur de locomotive. Nous l’avons accompagné lors d’un exercice de conduite.

Tuuut, tuuut! Le train du Monte Generoso donne un petit coup de klaxon à chaque entrée de tunnel. Il ralentit, puis l’unique train à crémaillère du Tessin traverse tranquillement la montagne à une allure de 18 km/h. «J’aime encore plus la descente», confie malicieusement le directeur, Lorenz Brügger. Avec un engin de 32,5 tonnes, il faut parfaitement maîtriser le freinage. «Avec le temps, on finit par avoir le bon coup de main.» Au poste de conduite, il actionne les leviers et les boutons avec un large sourire aux lèvres. A-t-il réalisé un rêve d’enfant en suivant cette formation? «Non, pas du tout!» C’est mon travail qui m’a donné envie de faire cette formation de conducteur de locomotive», confie l’homme de 54 ans.

Une idée née d’un changement de poste

Cela fait quatre ans qu’il gère cette entreprise ferroviaire, qui fait partie du Pour-cent culturel Migros. «Pour améliorer les échanges, j’ai imposé que tous les membres de notre équipe de direction travaillent une journée par an dans un autre secteur de l’entreprise.» La responsable du marketing aide au service, le technicien fait le ménage au camping et la cheffe cuisinière troque ses fourneaux contre un bureau. Afin de mieux comprendre les besoins du personnel roulant, le directeur est allé encore plus loin, et s’est inscrit sans hésiter à une formation de conducteur de locomotive. «Je me disais qu’ainsi, je pourrai parler à mon équipe sur un pied d’égalité.»

Portrait Lorenz Brügger

Lorenz Brügger dans le chemin de fer du Monte Generoso.

Au plus près de la clientèle et du personnel

Lorenz Brügger a déjà réussi l’examen théorique au printemps. Maintenant, il faut passer à la pratique. Ainsi, tous les jours à 6h30, il va récupérer le train à la remise, puis il procède au contrôle des freins, des portes et des voies. «Il y a régulièrement des chutes de pierres pendant la nuit», explique Lorenz Brügger. Il arrive qu’il faille évacuer un rocher encombrant la voie pour que la ligne soit prête pour les trajets de la journée. Puis, Lorenz Brügger conduit le personnel de l’infrastructure touristique «Fiore di pietra» au Monte Generoso. Et même s’il a un rendez-vous d’affaires au sommet de la montagne à midi, le directeur prend lui-même les manettes du train pour les 40 minutes de trajet aller, puis retour. «Ainsi, j’ai obtenu en un rien de temps les heures de conduite requises pour pouvoir m’inscrire à l’examen pratique». Cela a également été possible grâce aux formateurs au sein de l’entreprise. «Le directeur se débrouille déjà vraiment bien, mais il a plutôt tendance à rouler à la limite de vitesse supérieure», indique Stefano B. pendant notre exercice de conduite.

De juillet à septembre, avec son diplôme fédéral de conducteur de locomotive en poche, Lorenz Brügger assurera les trajets de la ligne le vendredi. Il devra également contrôler les billets et effectuer les annonces. Ce train relie Capolago au sommet du Monte Generoso toutes les heures. Il y reste en gare une demi-heure avant de redescendre dans la vallée. «Pour moi, cette pause est une excellente occasion de discuter avec les personnes en visite», ajoute Lorenz Brügger. Cet homme d’action aime joindre l’utile à l’agréable. Par conséquent, il a déjà réfléchi à ce qu’il aimerait faire une fois à la retraite. «Dès que je serai à la retraite, j’aimerais conduire régulièrement le week-end. De cette façon, je pourrai garder un lien avec la montagne, et offrir aux membres de l’équipe qui ont des enfants un dimanche de libre qu’ils pourront passer en famille.»

Photos: © Claudio Bader

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